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LA GRANDE PÊCHE

ASSOCIATION FÉCAMP TERRE-NEUVE
Jack Daussy  / L’Ouest Éclair, BN Gallica - © Édition Association Fécamp Terre-Neuve
La reproduction d’extraits de ce texte est autorisée sous réserve d’en mentionner l’auteur et l’éditeur.
L'Yport amarré quai Bérigny à Fécamp
Collection Jack Daussy, © D. R.
Yport, ex-Peizerdiep, petit cargo à vapeur de 539 (ou 502) tonneaux, long de 49,48 m, large de 7,77 m pour un creux de 3,90 m, construit en 1920 aux Pays-Bas, par les chantiers Boot De Hoop (ou Boot Gebroeders) à Leiderdorp, équipé d'une machine a vapeur Grofsmederij construite à Leiden ; mis à l'eau le 20 septembre 1920.

Ce petit cargo aurait été acheté sur chantier par les Pêcheries de Fécamp et arrive à Fécamp le 5 février 1922 où il est immatriculé F. 494. Dans L’Ouest Éclair du 19 février 1922, on peut lire : « La société Les Pêcheries de Fécamp d’accord avec MM. Acher Duhamel et Gournay ont acheté récemment en Hollande un cargo actuellement dans le bassin Bérigny de Fécamp. Ce cargo, Yport, servira de chasseur aux quatre chalutiers : André-Pierre, Simon Duhamel, Cap-Fagnet et Normandie, et les approvisionnera en charbon ».

Il est donc armé au long cours comme "chasseur" pour approvisionner en charbon, en sel et en vivres frais les chalutiers en pêche, et rapporter, le plus rapidement possible dans les ports de Métropole, le produit des premières pêches. Pour son premier voyage il est envoyé au Portugal prendre un "complet" de sel. Le 27 mars 1922, il sort de Lisbonne pour l’Islande et le 16 avril il signale son arrivée à Seydisfjord (Islande) : « tout bien à bord ». Là il prend en charge la pêche des chalutiers fécampois en campagne qu'il livre à Pauillac le 20 mai.

Cette même année 1922, embarque un passager à Fécamp, le diplomate et journaliste Louis Frédéric Rouquette, chargé par le gouvernement français d’une mission en Islande ; voyage qu’il évoque dans son livre - L'île d'enfer - Roman de ma vie errante, publié aux éditions J. Ferenczi et Fils, en 1925.

Ensuite l’Yport enchaine les rotations, faisant plusieurs voyages de Port-de-Bouc ou Bordeaux à Saint-Pierre et Miquelon. Le 10 juillet il est signalé de passage à Sagrés (Portugal) ; le 27 aout, il touche Saint-Pierre et Miquelon venant de Port-de-Bouc, et le 16 septembre 1922, il quitte Fayal (Açores) pour Saint-Pierre et Miquelon. Le 3 novembre, il passe à Fayal allant de Port-de-Bouc à Saint-Pierre, et le 17 décembre on le retrouve à Fayal, allant de Saint-Pierre et Miquelon à Bordeaux. Le 16 janvier 1923, l’Yport quitte Bordeaux pour Blaye, et le 16 mars 1923, il arrive au Havre venant de Fécamp pour réparations, etc.

Le 30 septembre 1923, l’Yport se trouve au Nord de la Nouvelle-Écosse et fait naufrage au Cap Breton, sur l'île de Scatari : « par courant intense et brume épaisse … ». Il ne pourra être renfloué.